Marché labyrinthique, lac et mémoire douloureuse
Réveil matinal à San Vicente. L’air est lourd mais chargé de promesses. Nous décidons d’aller flâner au marché.
À peine arrivés, nous croisons un homme qui nous fait signe. Nous ne le reconnaissons pas sur le moment… c’est Napoléon, notre Bitdriver, qui nous retrouvera plus tard. Au Salvador, les visages deviennent familiers plus vite qu’on ne le pense.
Le marché lui-même est un monde à part : un labyrinthe couvert, bruissant de voix et d’odeurs. On y trouve de tout : des montagnes de tomates, des viandes encore fumantes, des herbes médicinales, des jouets en plastique bon marché. Les allées sont étroites, les couleurs saturées, les sons assourdissants. Impossible de ne pas se laisser happer par ce chaos organisé.
Après cette immersion, cap sur le lac d’Apastepeque. Pour l’atteindre, il faut traverser des champs de maïs sous un soleil mordant. L’effort en vaut la peine : l’eau scintille au milieu d’un écrin vert. Nous déjeunons sur un ponton flottant, le clapotis des vagues en fond sonore. Un moment suspendu.
Mais le Salvador ne laisse jamais oublier son histoire. L’après-midi, un guide local nous ouvre les portes de la tour de l’église Notre-Dame del Pilar. Puis, il nous conduit devant l’« arbre des lamentations ». Un arbre immense, ancien, qui fut jadis le lieu de vente d’esclaves noirs. Le tronc porte encore la mémoire des chaînes invisibles. Silence. Le contraste avec les rires des enfants jouant plus loin est saisissant.
Dans les rues, les regards se tournent vers nous. « Gringos ! » entend-on parfois. Pas d’animosité, juste de la curiosité.
La journée s’achève. Nous reprenons la route vers San Salvador, la capitale. Une nouvelle étape, une autre atmosphère, nous attend.
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