Join Nostr
2026-05-06 12:59:19 UTC

Praphakan on Nostr: Un ingénieur, un fer à souder, des puces ASIC que personne n'avait jamais ...

Un ingénieur, un fer à souder, des puces ASIC que personne n'avait jamais documentées. C'est comme ça que BitAxe a commencé.

Le minage Bitcoin depuis des années appartenait à trois boîtes chinoises, Bitmain, MicroBT et Canaan.
Ils contrôlent le silicium, fixent les prix, gardent leurs designs comme des secrets d'état. Le mineur achète ce qu'on veut bien lui vendre, avec le firmware qu'on a décidé pour lui.

@skot9000 a décidé que c'était inacceptable.

Les puces ASIC n'ont aucune documentation publique, alors Skot puis la communauté a fait ce que les hackers ont toujours fait : mesurer, sonder, comparer, faire circuler des signaux et observer ce qui ce passe.
Petit à petit, le silence de la puce est devenu un signal, de la connaissance, partagée sur GitHub comme n'importe quel projet logiciel.

Résultat : le software ESP-Miner et une carte de la taille d'une paume, ~7 watts, le BitAxe 100 (1er du nom), documentation intégrale open source, reproductible par n'importe qui.

Pas le mineur le plus rentable.
Le premier mineur 100% open source

Aujourd'hui des milliers de BitAxe tournent dans le monde, pas dans des data centers, mais dans des garages, des bureaux, à domicile, posés entre une imprimante 3D et un Raspberry Pi.
Ces machines minent pour la plupart en solo pool. La probabilité de trouver un bloc est infime mais jamais nulle.
Et des blocs sont trouvés, par des particuliers, avec des machines qui consomment moins qu'une ampoule LED.
Chaque bloc trouvé dit quelque chose d'important : le réseau Bitcoin n'appartient ni aux grandes fermes, ni aux fabricants chinois, la pleb reprend doucement mais surement le contrôle.

Et la communauté ne ralenti pas. Pendant que les grands fabricants sortent une nouvelle référence par an avec des délais de livraison en mois et des prix en milliers de dollars, les builders open source itèrent en semaines.

Le NerdQAxe++ est l'illustration parfaite de cette dynamique.
Une machine qui empile plusieurs puces BM1370, les mêmes que celles qui équipent les Antminer S21, mais sur une carte entièrement documentée, open source, flashable avec un firmware communautaire.
Le hashrate commence à devenir sérieux, pas à un niveau industriel, mais suffisant pour que la question du ROI commence à se poser différemment, surtout quand l'électricité vient de panneaux solaires déjà amortis.

Ce qui se passe dans cet écosystème ressemble à ce que Linux a fait aux systèmes d'exploitation propriétaires.
Au début on se moquait des performances. Puis les performances ont rattrapé. Puis elles ont dépassé.
La courbe d'itération d'une communauté décentralisée motivée par la souveraineté est structurellement plus rapide que celle d'une entreprise motivée par les marges.
Bitmain vend des boîtes noires. La communauté BitAxe vend de la connaissance, et la connaissance, elle, ne peut pas être mise en rupture de stock.

En France, le timing est parfait.

Des centaines de milliers de foyers ont installé des panneaux solaires attirés par les tarifs de rachat EDF. EDF vient de casser ce modèle, ces installations ne sont pas encore amorties, mais le prix de rachat s'effondre, et elles produisent de l'électricité quasi-gratuite que personne ne veut racheter, notamment le midi quand la maison est vide.
Brancher une BitAxe là-dessus c'est transformer un actif devenu inutile en participation active au réseau monétaire le plus résistant à la censure qui existe.

Mais l'histoire qui m'intéresse vraiment c'est la suite.

Et si la puce de minage était partout ?
Vos appareils connectés, routeur, box, TV, console, sont branchés en permanence et ne font rien la plupart du temps. Leur processeur tourne à 5% de charge.
Une puce dédiée, aussi petite qu'un composant dans une montre, pourrait utiliser cette énergie résiduelle pour participer au réseau.
Sans impacter les performances, sans modifier la facture.
À l'échelle de cent millions d'appareils, le hash rate ne serait plus concentré dans quelques régions du onde. Il serait distribué dans chaque appartement, chaque maison, chaque bureau.
Géographiquement et politiquement inattaquable.

Sauf que ce scénario, les grands groupes tech l'ont peut être deja calculé.
Imaginons qu'Apple, Google, Samsung construisent tous leurs propres puces. Rien n'empêche techniquement de router une fraction infime de la puissance de calcul de leurs appareils vers leur propre pool de minage.
Pas assez pour que tu le remarques sur ta facture. Suffisamment pour générer, à l'échelle de leur parc installé, un hash rate significatif et des bitcoins en trésorerie.
Tu financerais sans le savoir l'accumulation de l'entreprise.
Certains le feront en opt-in, avec une interface propre, un partage de revenus en sats. Un accord explicite. Ce sera du bon marketing.

Et là le cycle recommence.
Parce qu'on connaît déjà la fin de cette histoire. On l'a vécue avec les routeurs Wi-Fi, les téléphones Android, les consoles de jeux, les imprimantes DRM. À chaque fois qu'un constructeur a cherché à contrôler unilatéralement un appareil que quelqu'un possédait physiquement, quelqu'un d'autre a ouvert le capot.

Si demain une puce de minage est intégrée dans un objet connecté avec une fraction du hash rate redirigée vers le constructeur, la communauté va mesurer, sonder, trouver le flag dans les registres, écrire le patch, publier le tutoriel, vendre les modules de remplacement.
C'est exactement ce que Skot a fait avec les ASIC de Bitmain. Ce n'est pas du piratage, c'est de l'ingénierie de la souveraineté.

La connaissance, une fois libérée sur GitHub, ne peut plus être réenboitée. À chaque verrouillage répond une rétro-ingénierie. À chaque monopole du silicium répond une communauté qui en retrace les circuits à la main.

BitAxe n'est pas une histoire sur le minage. C'est une histoire sur à qui appartient un objet qu'on a acheté. Le bitcoin a été conçu autour d'une seule obsession : ne faire confiance à personne, vérifier tout soi-même.
Il était inévitable que cette éthique finisse par s'appliquer au matériel qui le fait tourner.

La boucle est bouclée.
Et elle ne cessera de se répéter.